Tchad: la difficile cohabitation arabophone francophone

Article : Tchad: la difficile cohabitation arabophone francophone
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9 octobre 2012

Tchad: la difficile cohabitation arabophone francophone

S’il devra exister une nation à qui la diversité linguistique ne constitue pas une richesse culturelle mais une entrave à sa cohésion nationale, la Belgique ne sera la seule. Le Tchad, Etat bilingue et qui a été une colonie française a hérité en plus du français, une autre langue qui était déjà assez propagé bien avant l’arrivé des colons qui est l’arabe. Cette langue s’est propagé dans la région grâce à la progression de l’islam et notamment au commerce exercé par des anciens royaumes avec l’orient.

Mais une chose est sure, le cas belge ne peut être comparé à celui du Tchad, où il n’existe pas de région arabophone ou francophone contrairement au cas belge où la Wallonie revendique son identité francophone et la Flandre qui se veut être de culture néerlandaise. Le cas tchadien reflète cependant un sérieux problème de cohabitions entre les principales entités linguistique du pays.  Ma cousine qui est arabophone ne cesse de me dire que le français est la langue des blancs et l’arabe, celle du coran.

Il a faillit avoir dans une même salle francophones et arabophones lors de l’examen final pour s’en apercevoir. L’administration de l’école a en fait délibérément mélangé les étudiants pour éviter la communication entre étudiants de même filière. Le hasard a voulu que la moitié de la salle soit composé  d’arabophone. Quel drôle de coïncidence. C’est le saut du surveillant général dans la salle qui bouleversa  l’atmosphère jusqu’à là détendu  en déclarant : « aucun document n’est permit ».  A cet instant, Ahmad mon voisin se leva avec l’air d’un petit caïd (mot d’origine arabe d’ailleurs) puis demanda en arabe au surveillant de traduire ce qu’il vient de dire, tout en laissant derrière lui  quelques murmures. Silence de cimetière quand soudain lança  Noura, fille timide le visage couvert de voile noir à la new look de Diam’s « il a intérêt à parler l’arabe puisque c’est avec cette langue qu’il sera interroger après sa mort »    Ahmad, mon voisin, est un étudiant de première année très bavard. Il n’a cessé de me parler depuis qu’on est en salle. Le surveillant dépassé fait un effort en arabe et lui demanda de se taire. D’effort en effort, le jeune homme répondu « non lui ce bilinguiste » faisant allusion à moi et laissant une fois de plus la salle dans un rire fou. Et le surveillant de lui lancer un clash « pas mal Senghor ». Ahmad se tape une folle colère et jure par tous les dieux que le surveillant francophone l’avait insulté. Il aura faillit attirer l’attention des surveillants des salles voisines pour apaiser la tension. Ce qui s’est passé dans la salle reflète l’autre triste réalité que vivent les fonctionnaires tchadiens. Un petit tour dans l’administration suffit de faire ce constat : les fonctionnaires arabophones et francophones se regardent avec une certaine méfiance  assez naïve. Certains arabophones à travers leurs habillements à l’orientale sont facilement identifiables on dirait une revendication identitaire. Pire paradoxe dans ce pays où dans une même famille il peut y avoir arabophone, francophone et bilingue vivant sous un même toit.

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